Homeopathic medication with chamomile globules

Qu’est-ce que l’homéopathie ?

Définition de l’homéopathie

L’homéopathie est une branche de la thérapeutique médicale qui met en application le principe de similitude et qui utilise des médicaments à doses infinitésimales.

Principe de similitude

Des substances qui provoquent accidentellement ou expérimentalement des troubles sont à l’origine de médicaments homéopathiques utilisés pour guérir des troubles analogues. Autrement dit, un médicament homéopathique préparé à partir d’une substance, peut être utilisé dans toutes les situations cliniques semblables au tableau clinique induit expérimentalement par la même substance à dose pondérale.

L’infinitésimal

La fabrication du médicament homéopathique repose sur des dilutions successives de la substance souche responsable d’une diminution progressive de celle-ci au point que, selon les données de la chimie classique, il ne reste plus, au-delà d’un certain degré de dilution, la moindre molécule de la substance d’origine. Entre chaque dilution la préparation est soumise à une agitation vigoureuse ou dynamisation.

Origines de l’homéopathie

Les origines de l’homéopathie remontent au 4ème siècle av J-C au temps d’Hippocrate qui disait : « Les mêmes choses qui ont provoqué le mal peuvent le guérir ».

Le terme homéopathie provient du grec : homeos = semblable et pathos = maladie (souffrance)

C’est au 18ème siècle que l’homéopathie fût théorisée par un médecin allemand, Christian-Samuel Hahnemann (1755-1843).

Après avoir réalisé des expérimentations reproductibles de différentes substances, sur lui-même et son entourage, et mis en évidence leurs effets thérapeutiques fiables, Hahnemann énonça en 1810 dans son livre, Organon de l’art de guérir : « Toute substance à dose pondérale capable de provoquer des symptômes chez un individu sain peut, à dose faible, dite infinitésimale, guérir ces mêmes symptômes chez un individu malade, et ceci quelque soit sa maladie »

L’homéopathie, une thérapeutique parmi d’autres

Les progrès scientifiques réalisés depuis près d’un siècle ont permis à la médecine de venir à bout de plusieurs maladies grâce à une meilleure connaissance de leur physiopathologie, la découverte de nombreuses molécules chimiques et le  développement de techniques interventionnelles

Cependant nous assistons à un usage de plus en plus répandu de  thérapeutiques groupées sous le nom de « médecine alternative », de « médecine traditionnelle », de « médecine complémentaire ou parallèle » ou parfois même de « médecine douce ». En effet dans de nombreux pays, comme le notre, leur popularité est alimentée par les inquiétudes au sujet des effets nocifs des médicaments chimiques et par leur efficacité dans des domaines où l’allopathie, thérapeutique conventionnelle, montre de vraies limites.  

L’organisation mondiale de la santé, dans sa stratégie pour la médecine traditionnelle pour 2002 – 2005 a insisté pour que ces thérapeutiques, désormais regroupées sous l’appellation de Médecines Complémentaires et Alternatives (CAM : Complementary and Alternative Medicine),  jouent un rôle considérablement plus important au niveau de la réduction de la mortalité et de la morbidité par leur intégration aux systèmes nationaux de soins de santé, de manière appropriée en développant et en mettant en œuvre des politiques et programmes qui fournissent une base solide pour définir le rôle de ces « médecines alternatives » dans le cadre de l’offre d’un système de santé national, en s’assurant que tous les mécanismes réglementaires et juridiques nécessaires soient crées pour encourager et maintenir une bonne pratique et que l’authenticité, l’innocuité et l’efficacité des thérapies soient garanties.

L’OMS a renouvelé, en mai 2009 lors de son assemblée générale, ses priorités concernant la médecine traditionnelle y compris les médecines complémentaires et alternatives, comme l’homéopathie.

Actuellement, on parle de plus en plus de médecine intégrative pour désigner le recours simultané à la médecine conventionnelle ainsi qu’aux médecines alternatives dans le suivi d’un patient.

Mais l’homéopathie, est ce vraiment une médecine ?

L’homéopathie n’est même pas une médecine. Il s’agit d’une thérapeutique qui agit dans le même sens que le mode réactionnel global de l’organisme, dans le même sens de ses autodéfenses, en communion avec elles. Elle les stimule pour les rendre plus efficaces et c’est pour cela qu’elle nécessite des doses faibles voire infinitésimales. La thérapeutique homéopathique est donc réactionnelle alors que la thérapeutique classique ou allopathie se traduit le plus souvent des gestes d’inhibition (Anti-inflammatoires, antibiotiques…) ou de substitution (Hormones, produits de synthèse…). Elle est coercitive  ou substitutive.

Le médecin homéopathe est avant tout un médecin qui, à la suite d’un examen clinique complet et éventuellement d’examens complémentaires va poser un diagnostic nosologique et émettre un pronostic. Mais lors de la prescription il aura à choisir la thérapeutique appropriée en tenant compte de l’efficacité, de l’innocuité et parfois même du coût du traitement tout en sachant que l’homéopathie comme l’allopathie a ses limites.

En fait le médecin sera à la recherche de la meilleure complémentarité, pour chaque maladie et pour chaque malade, des différents moyens thérapeutiques.

L’homéopathie peut être indiquée seule, de première intention : viroses, troubles émotionnels aigus, préparation à l’accouchement…

 Elle peut aussi être associée à l’allopathie pour le traitement de terrain de certaines pathologies récidivantes ou allergiques.

Enfin, l’homéopathie peut être employée en complément d’autres thérapeutiques pour en potentialiser l’action ou pour en atténuer les effets secondaires.

Actuellement, on rencontre de plus en plus de médecins qui ont ajouté l’homéopathie à une spécialisation médicale. De même qu’il y a des médecins généralistes homéopathes, il y a  des pédiatres homéopathes, des gynécologues, des pneumologues, des oto-rhino-laryngologistes, des dentistes, des cardiologues, des rhumatologues homéopathes…

L’homéopathie dans le monde

L’utilisation de l’homéopathie continue à s’étendre progressivement dans le monde. Elle est utilisée dans une centaine de pays appartenant aux différents continents.

A l’heure actuelle, on estime à plus de 100.000 le nombre des médecins formés en homéopathie qui en font un usage courant, voire préférentiel et plus de 400 millions de patients qui en font confiance.

La France, avec le quart du marché mondial de l’homéopathie, se classe au premier rang des pays utilisateurs de médicaments homéopathiques. Les Français sont de plus en plus nombreux à choisir ces médicaments, passant de 22% en 1984 à 40% en 2004 (IFOP 1984, IPSOS 2004). De même, 74% des patients se déclarent « enclins à se soigner par homéopathie si leur médecin en prescrivait » (IPSOS 2002). 5000 médecins ont régulièrement recours à l’homéopathie et 25000 en prescrivent occasionnellement. 

L’homéopathie est également bien implantée dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, la Grande Bretagne, la Suisse, l’Italie, la Russie, les pays de l’Europe Centrale et de l’Est (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Roumanie et la Bulgarie)

En Afrique, l’emploi de l’homéopathie s’est bien développé au cours des vingt dernières années en Tunisie, au Maroc et en Afrique du Sud. Cependant beaucoup de chemin reste à faire.

En Asie, l’homéopathie est bien présente en Pakistan et en Inde où, elle est incluse dans le système national de santé.

L’homéopathie est fortement développée en Amérique latine notamment au Brésil et en Argentine alors que les Etats-Unis et le Canada connaissent un regain d’intérêt pour l’homéopathie.

L’homéopathie en Tunisie

En Tunisie, l’introduction de l’homéopathie remonte au milieu des années quatre-vingt du siècle précédent avec les premiers cours d’homéopathie dispensés à l’initiative de notre maître le professeur Zouhaier KALLEL, à l’Institut National de Nutrition.

Les premières autorisations de mise sur le marché des médicaments homéopathiques en Tunisie ont été délivrées par le ministère de la santé publique en 1991 et depuis les médicaments homéopathiques sont commercialisés et distribués par la Pharmacie Centrale de Tunisie.

La Société Tunisienne d’Homéopathie assure, depuis 1991, en partenariat avec le Centre d’Enseignement et de Développement d’Homéopathie des formations de base pour les médecins, dentistes et pharmaciens désireux d’intégrer l’homéopathie dans leur pratique quotidienne. Plus de 600 médecins ont suivi une formation en homéopathie dans les 4 sites de Tunis, Sousse, Sfax et Gabès.

Un programme de formation médicale continue en homéopathie pour le perfectionnement des médecins formés est proposé par la Société Tunisienne d’Homéopathie tous les ans dans les 4 villes précédemment citées.

La faculté de médecine « Ibn Jazzar » de Sousse a eu le mérite d’instaurer en 2004 la première formation post-universitaire en homéopathie, un mastère professionnel qui connaît un réel engouement de la part des médecins.

La pratique de l’homéopathie est reconnue comme compétence par le conseil de l’ordre des médecins depuis 1994. Un diplôme universitaire est exigé pour cette reconnaissance depuis 2004.

L’évolution croissante du marché des médicaments homéopathiques dans notre pays témoigne du succès que connaît cette thérapeutique en Tunisie.

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